DA Willy : Commencer tôt pour aller le plus loin

Elio ou Da Willy pour la scène, est un jeune artiste alsacien de 19 ans. D’origine sicilienne dont le nom d’artiste est parti d’un délire, d’un culte même qu’il voue au W, lettre qu’il affectionne particulièrement en y ajoutant le préfixe DA “à l’américaine”.

SP3AK3R : Qui es-tu et d’où viens-tu ?
Je suis né à Strasbourg, et j’ai d’abord vécu dans le quartier Gare quand j’étais petit et maintenant je vis à l’Esplanade. Je rappe depuis que j’ai 14 ans à la maison entre mes frères et sœurs.
J’ai toujours aimé la scène et c’est au cours d’un voyage scolaire, qu’avec un ami qui faisait des prods’ j’ai posé sur un de ses sons alors en classe de 3ème et j’ai aimé… beaucoup même, à force de travail et de persévérance, je me retrouve aujourd’hui interviewé par Sp3ak3r.

Qu’est-ce qui a changé entre tes débuts et maintenant dans ton rapport au rap ?
Entre mes 14 ans et mes 19 ans, ma manière de poser mon verbe a évolué. Entre 2017 et 2021 le monde du rap a énormément changé, et alors qu’avant je “recrachais” ce que j’écoutais, bien que j’ai toujours aimé écrire, j’ai fini par me sentir bien plus à l’aise en écrivant de moi-même, sur moi-même, sur le monde de ma psyché personnelle. Là réside ma principale évolution.
Ce que je fais ce n’est pas tout à fait du rap conscient, il s’agit de rap teinté de sonorités multiples, diverses et variées. Petit, j’écoutais beaucoup les radios locales telles FIP, et maintenant le rap a beaucoup changé à en devenir une Chimère.


“Il y a des toplines dans le rap maintenant !”

De quoi tu parles dans tes morceaux ?
Dans mes morceaux je parle de mes angoisses liées à mon avenir, de ce que je ressens, ou ai ressenti, je ne reproche rien aux “Pablo Escobar” qui s’inventent des vies, mais moi j’aime écrire sur ce que je pense, sur ce que j’aime et ce que j’espère vivre.
Alors bien sûr je romance, c’est de la musique, c’est de l’art, et c’est aussi parler aux gens la musique. Je me suis demandé qui irait m’écouter si je ne parlais que de moi, et pour moi. Pour moi, c’est important, dans le processus créatif, il faut penser au public, il faut savoir le toucher.

Quelles ont été tes premières sources d’inspiration ?
C’est à l’âge de 9 ans que j’ai commencé à écouter du rap. Mon premier morceau ? je m’en rappelle : Turbo de Sefyu. C’est à travers la vidéo critique d’un youtuber qui parlait de ce morceau. C’est à ce moment que le rap s’est matérialisé à mes yeux, “une casquette sur les yeux, il balançait des backs.
Ce sont les bruitages, les effets de voix qui m’ont alors marqué : il disait les “acides”, les “OH !” à ce moment il en était l’archétype, le visage que je mettais sur le rap.
Par la suite j’ai beaucoup écouté Orelsan mais ce dernier décrivait un quotidien qui n’était pas le mien. En effet, il avait 30 ans, il a connu le succès très tard et il parle de ce qu’il a vécu, de ses échecs, de plus quand il y a un mec blanc de province, qui se lance dans le rap on pense à lui et on y est souvent associé. Cette analogie, je peux la faire avec VALD, On m’a appelé mini-Vald parce que j’étais blond alors qu’on n’est pas de la même génération, pas de la même époque, mais rien ne nous rapproche à part la couleur de peau, de cheveux, on n’a pas vécu la même vie et je ne me reconnais pas dans leurs influences dans ce qui est rap.”


“Une casquette sur les yeux, il balançait des backs. C’était l’archétype du rappeur pour moi.”

Quel métier tu voudrais faire plus tard ?
Je suis actuellement étudiant en Géographie et je me destine plus tard au métier d’urbaniste, l’aménagement du territoire est pour moi un domaine, un métier d’avenir, surtout avec l’importance grandissante de l’écologie.
Mais ce n’est pas pour autant que je traite le rap par dessus la jambe, quand je me lance dans quelque chose, je le fais à fond ! Je parle de choses qui me parlent.
Ma démarche est sérieuse sinon je ne paierais pas des sommes pour faire des enregistrements de qualité, je ne me déplacerais pas au studio d’enregistrement aussi régulièrement. Je ne m’investirais pas autant, tant financièrement que sur le plan purement personnel, car je ne m’invente pas de vie. Auquel cas, je me serais contenté de créer et d’enregistrer mes compositions sur mon Soundcloud.
Je m’inspire de ce qui me parle, et en ce moment, je me se sens vraiment différent, en décalage avec ma génération. Je ne sors pas en boite, je sors peu de manière générale, je travaille principalement sur mes enregistrements et quand je me demande ce que signifie “profiter de sa jeunesse”, la réponse pour moi c’est qu’il s’agit de préparer l’avenir. Il s’agit d’une étape intermédiaire dans la vie.


“On a un corps et un esprit à entretenir.”

“C’est bien de s’amuser, mais encore s’agit-il de se demander de quelle manière. Dans la société, par exemple : c’est cool de boire … mais est-ce profitable à ton corps ? A ton esprit ?”

Alors ? Ça signifie quoi “profiter de sa jeunesse ?”
Selon moi, profiter de sa jeunesse, c’est profiter de sa condition physique, je fais du sport tant que je le peux, je souhaite me garder du temps avant de travailler, de fonder une famille, en bref, avant la vie active. “Jeunesse” rime avec “vivacité”. Jeune, on est vif tant mentalement que physiquement, il faut profiter de la naïveté de la jeunesse, on a le droit de faire des erreurs. C’est ça être jeune. Il faut en profiter. Pour avancer il faut se tromper, il n’y a pas de temps à perdre.
Je suis sûr que si on avait une espérance de vie plus courte, on vivrait plus intensément, il n’y a pas de temps à perdre, ceux qui vont loin dans la vie, sont ceux qui ont commencé le plus tôt.”

Parle-nous de ton E.P !
Dans “Saint Marin” par exemple, pendant des années j’ai rappé dans le vide, pour personne, dans ma chambre à écrire, je reviens sur cette période. “C’est la première chanson de cet E.P. Dans “Pourboire”, j’évoque le décalage générationnel que je ressens et qu’importe le sentiment que l’on vit, quelqu’un d’autre peut toujours vivre ailleurs quelque chose de pire.
Dans mon triptyque intitulé “Entrainement 1, 2 et 3” j’évoque mon amour d’enfant pour le freestyle.
Quant à “Outro” j’y parle de ce qui est le plus important pour moi, ma plus grande richesse, ma santé, je vis mon meilleur moment selon moi car j’ai la santé.
Dans mes titres on entend différentes tonalités, il y a du reggaeton, de l’hyperpop ou du digicore ainsi qu’une drill étrange, tous remixés à sa sauce.
J’y parle beaucoup de moi et Lil Uzi Vert est mon influence principale actuelle, il y a d’ailleurs un morceau “Victor Hugo” dans lequel je parle de ma famille, ma mère est prof de français, j’y évoque les familles déchirées et notamment l’histoire de ma mère comme exemple.
On y entend des petits phrasés qu’on n’entend pas dans d’autres albums, ils me sont propres et ce n’est pas mon premier projet, les deux précédents je les ai enlevés car je savais que je pouvais faire mieux, là c’est un vrai projet, c’est un E.P.”

Tu travailles seul dessus ?
J’ai une petite équipe d’amis avec moi et mon ingé-son aux Vieux arts, même si à l’origine je voulais appeler cet album la “DaWilly tape 1″, j’ai réfléchi, c’était beaucoup trop réducteur pour mon collectif.
J’ai véritablement commencé à travailler sur cet E.P. dès Avril 2020 c’est un vrai bout de vie, hier par exemple j’étais en tournage vers Rivétoile, pour faire un clip, port du Rhin, le clip d'”Entrainement 1″.
Il n’y a d’ailleurs pas de collab’, dans cet EP, bien qu’ils y aient réfléchi :”Mon meilleur ami m’a demandé si qqn me plaisait sur Strasbourg ou en France parce que faire un feat pour avoir un feat c’est abject, ça ne sert à rien, c’est purement mercantile.” L’artiste n’a alors vu personne avec laquelle le projet aurait eu du sens.
Dans son équipe ils sont 3, au début du projet ils étaient évidemment plus nombreux, mais la vie en a fait partir certains vers d’autres horizons. L’idée originelle de se lancer dans le rap fait toujours son effet “wow on fait du rap”.


“Je l’ai écrit entièrement”

Comment tu décrirais ton style musical ?
Je ne me suis pas cantonné à un style de musique particulier, il y a toujours des variations, s’il fallait me classer, on pourrait me classer parmi les inclassables. En vrai je pense que ça l’est, difficile à classer, dans quelle catégorie le poster sur Spotify ? Mais globalement on pourrait le mettre dans la branche rap, en faisant large.
Je ne sais pas jouer d’un instrument, pour le moment, mais j’aimerais beaucoup apprendre à jouer du piano. Je n’ai pas grandit dans une famille de musiciens rien ne me prédestinait à faire de la musique, mais j’aimerais beaucoup en faire, c’est principalement pour moi un exutoire.”

Tu as d’autres projets ?
J’ai déjà commencé à écrire le prochain projet, il y a beaucoup plus de messages délivrés, d’histoires, ce sera un album vraiment sérieux. Dans ma manière de construire les morceaux, en vrai je ne compte pas les mesures, je ne suis pas un puriste, ça me parle, je sais ce que c’est mais je ne suis pas là pour faire des morceaux carrés, je ne les compte pas vraiment, c’est un exutoire, je pose, je cherche à faire ressentir. Et en ce qui concerne les arrangements, si on remet en question le vocodeur, on remet en question tout le mixage et pas que dans le rap, on remet en question le Proteus, le Vacuuum, ça fait partie du mix et pas que dans le rap encore une fois, et ne pas écouter de la musique parce que le morceau contient du vocodeur, c’est ridicule, c’est comme dire : il y a de la compression donc je n’écoute pas… c’est ridicule, même si je comprends que certaines personnes puissent trouver ça désagréable, pourquoi se mettre des barrières alors que la musique c’est tellement vaste et c’est utilisé dans tous les styles musicaux en plus.

Pourquoi tu ne fais pas de collaborations ?
J’ai des amis rappeurs, j’ai pu rencontrer d’autres rappeurs, même en restant seul, et on se suit mutuellement sur les réseaux sociaux. Je ne veux pas me faire marabout à imaginer le futur, je ne me mets pas de barrière, si une collab’ doit se faire, si j’y vois un apport, je le ferai mais uniquement si le projet me plait. Via les réseaux sociaux je communique d’ailleurs sur Youtube, Apple music ou encore Spotify. La communication est mon gros point faible, j’ai une grosse marge de progression, j’aimerais beaucoup apprendre, je ne sais pas comment m’y prendre. Je commence à avoir une communauté de fans sur les réseaux et principalement Instagram, j’y possède un compte privé et un compte vraiment musical. C’est dessus que j’annonce quand un morceau sort…

On entend dans tes morceaux des inspirations rétro, je me trompe ?
Je n’ai pas vraiment écouté IAM, mise à part “L’école du micro d’argent”, je n’ai jamais vraiment écouté le rap “old school” des années 90, je m’intéresse surtout aux sonorités plutôt modernes, certains professionnels via certaines plateformes, y ont reconnues des sonorités d’influences du début des années 2010 types Seth gueko, Mister You, cette mid-génération, et c’est la période à laquelle j’ai véritablement commencé à écouté des morceaux de rap… mon cerveau l’a-t-il inconsciemment assimilé… j’étais surpris, ai-je été influencé… je ne m’en suis jamais rendu compte si c’est le cas.”
Je trouve ça très moderne, en terme de prod’, ça se classe dans l’air du temps. J’aime beaucoup la dance pop des années 80, la musique qui entraine, qui fait bouger… on passe de Niska à Eurythmics dans ma playlist…
J’aime beaucoup la dance dans les musiques récentes et pourtant je ne sors pas en boite. C’est assez drôle. Je n’écoute pas trop la variété, je ne suis pas trop rap old-school, mais les musiques des années 80 j’aime beaucoup… funk, disco, dance, groove, soul, il y avait de très bonnes choses, même si je ne suis pas de cette génération…

Je passe énormément de temps sur Instagram, avec le feed, via Combini, Melty, j’y vois de nouvelles têtes, je suis aussi abonné à l’Apple playlist, qui me permet de me tenir au courant des nouvelles sorties du vendredi. Je pense qu’on est à un moment où il y a le plus de diversité, une véritable ébullition si on sort des playlists rap, on voit de nouvelles têtes, il y a tellement de choses.”
Pour moi c’est l’ampleur qu’a pris le rap qui a aussi permis cette ébullition, Dinos disait qu’avant quand un rappeur demandait un feat avec d’autres artistes, ils refusaient car c’était des rappeurs, maintenant c’est l’inverse car c’était l’arme des quartiers populaires.
J’y vois une certaine ironie, je trouve que c’est une belle revanche, je suis content que ça se soit ouvert, car tout le monde peut rapper, c’est l’arme des gens qui n’en n’ont pas, tu peux dire ce que tu veux, pas besoin de savoir jouer d’un instrument, pas besoin d’avoir suivi des cours de chant, je pense que le rap ne doit pas perdre cette essence-là, c’est un moyen de s’exprimer. Alors que la variété l’a perdu ça. Elle s’est adoucie avec le temps. Les textes sont maintenant rarement destinés à faire bouger les choses. C’est plus facile de délivrer un message via le rap que via un autre style de musique. C’est ce que j’aime. A l’époque c’était plutôt le rock !.. Antisocial tu perds ton sang-froid !”

Tu as des habitudes musicales ?
Aujourd’hui j’écoute beaucoup de musiques dans mes écouteurs, mais quand mes parents étaient ensemble, ils écoutaient beaucoup de musique dans la voiture. Mon père nous gravait des disques. On avait chacun notre disque avec les chansons qu’on aimait. Mon père écoutait beaucoup de musique quand il faisait du ménage ou autre chose, il écoutait FIP. Ma mère est très nostalgique des musiques des années 80. Je suis content que la radio reste mais je suis triste que les “Fipettes” partent. C’est un monument de la radio qui s’efface, mais je suis quand même content que la musique reste. Pour moi, c’est ça le plus important à la radio. Même si la radio n’est plus le medium le plus important pour écouter de la musique. Skyrock l’avait compris avant tout le monde. C’est pour ça qu’ils ont commencé à poster sur Youtube. Ils ont vite compris que les jeunes utiliseraient plus Youtube que la radio.
J’avoue d’ailleurs, je m’ennuie assez vite devant les podcasts, je préfère écouter de la musique.

Tu aimes lire ?
Je lisais un livre de Maupassant, qui a longtemps été l’élève de Flaubert, à qui il envoyait ses essais, et lui de lui répondre : “Lorsque tu as une originalité, tu dois la dégager de tout le reste, et si tu n’en n’as pas, tu dois en acquérir une. C’est uniquement comme ça qu’on devient un véritable écrivain.”
Cela semble se perdre de plus en plus, on a tous une originalité, on doit tous la dégager, la donner à voir. Je suis différent, maintenant je vais faire comme moi. Je suis seul. Je suis celui qui décide, j’en ai conscience, si les gens sont d’accord tant mieux, sinon tant pis. Avant j’essayais de faire comme tout le monde, parce que c’est plus facile de faire comme tout le monde. J’ai conscience maintenant d’être différent et de faire seul. Il y a une véritable ruée vers l’or avec le rap, c’est trop facile, il y n’y a que le : “BUZZ BIZ BAISE !” C’est un schéma de rimes qui m’horripile, même si ce ne sont pas des rimes ! Elles m’énervent les personnes qui pensent que être rappeur c’est se mettre des survêtements sur le corps, porter une sacoche, et s’inventer une vie de voyou… mais ce n’est pas ça ! Le rap, la musique, à la base, c’est toi ! C’est la personne qui la fait la musique.
Parce que si c’est pour reproduire des schémas existants, voilà, très bien, mais il faut se dire qu’un million de personnes feront comme toi ! Et si t’as des ambitions sérieuses de devenir quelqu’un, d’en faire ton métier, il y a une peur chez la personne de se sentir jugée, d’être différent, de se sentir inférieur, car elle est elle-même, et d’être méprisé pour ça ! L’important c’est d’être soi-même ! Je respecte beaucoup plus la personne seule car elle est elle-même, que le mouton qui va faire comme tout le monde pour se sentir rassuré, et qu’il existe. Ça ce n’est pas normal.
Et à l’avenir, si j’ai le choix entre devenir artiste musical et urbaniste… je choisirais d’être rappeur, même si j’aime beaucoup l’urbanisme.”

Qu’en pensent tes parents ?
Ça ferait terriblement plaisir à mes parents que je sois urbaniste. Depuis que je suis petit, j’ai une relation très particulière à l’école. Mes deux parents sont enseignants, et l’école n’est pas ce qui me plait le plus. A la base la musique… je me suis dit et pourquoi pas, si d’autres l’ont fait. Ce n’est pas forcément pour les bonnes raison… parce que si tu échoues, tu auras tout le monde contre toi ! Mes parents voudraient que je m’écoute moi !
C’est un monde particulier d’être artiste, très aléatoire, ta notoriété peut s’arrêter du jour au lendemain. Retour à la case départ, l’anonymat. Je sais qu’il y a certaines personnes qui apprécient de travailler tous les jours… la stabilité et la sécurité de l’emploi….de faire un métier classique, cette stabilité peut contribuer à leur bonheur. Mais moi j’aime la musique, même si je ne suis pas certain que tous les mecs connus soient heureux.

C’est PLK qui disait il y a peu que seuls les mecs bizarres rêvent d’ être connus. Je reconnais que je suis bizarre, j’aime qu’on me reconnaisse et qu’on apprécie ce que je fais…C’est bizarre, j’aime cette ambiance, c’est plus facile d’être anonyme, de se dire que je n’ai aucune pression, personne ne te met la pression. Si tu bosses à la CAF, tu taffes, tu fais ta journée et le soir tu rentres chez toi tranquillement. Alors que quand tu vies dans un monde de notoriété, tu as toujours la pression du succès. Que ce soit le label, sauf si t’es en indépendant, que ce soit le public… certaines personnes ne sont pas faites pour avoir cette pression.
Moi je sais que je suis fait pour, je sais la gérer cette pression, j’ai par exemple une page de blagues sur la ville de Strasbourg et je reçois énormément de DM sur Intagram, suivie par des milliers de personnes. Inconsciemment ça me prépare à petite échelle, à la notoriété, des personnes me reconnaissent et ça me plait. Maintenant je sais que ça me rend heureux et que je suis prêt à tenir… je suis la seule personne à y croire, que je peux y arriver, j’en ai l’assurance maintenant…

T’y as toujours cru ?
Il y a quelques années je mesurais 1m60 je pesais 68 kg et j’avais une voix fluette. A 14 ans tu ne peux pas avoir cette assurance. J’étais tout jeune, petit, bouboule… Je suivais les autres, car quand tu es enfant, tu as besoin de modèles. Maintenant je me rends compte que je suis mon propre modèle. Maintenant je suis ce que j’ai à faire ! C’est tout !
J’ai cette rage parce que j’en ai bavé : un mec qui rappe d’1m60, 68 kg, et on me dit mais : “Pourquoi tu n’écoutes pas les gens quand ils te donnent des conseils ?” Si j’avais écouté les gens, j’aurais arrêté le RAP deux jours après l’avoir commencé.
Donc je n’écoute presque plus personne. Si j’écoutais tout le monde, je ne ferais plus rien de ma vie.
Ce ne serait plus ma vie. Je me suis quand même parfois posé la question de savoir ce que je faisais. T’es seul, dans ta chambre, un soir de décembre, il est 18h, le soleil est couché. Tu te regardes et tu te demandes ce que tu fais, qu’est-ce que je deviens ?
Socialement c’est dur aussi, combien de filles m’ont recalé à cause de ça ? De personnes qui ont arrêté de me parler à cause de ça ?
Ce serait tellement plus simple d’arrêter. Si j’avais arrêté je n’aurais pas été heureux… soit tu arrêtes de faire ce que tu aimes et tu lâches tes coui****, soit tu les remontes jusqu’à ta gorge et tu vas au front, tu vas te battre pour faire ce que tu aimes et tu t’en fous de l’avis des autres.
L’important pour moi c’est de savoir ce que j’aime … qu’on me dise ce qu’on veut, j’aime poser, rencontrer des gens, pour moi le travail ce n’est pas la vie … 9h-17h au bureau … on doit donner 5 jours de sa semaines à une personne qu’on ne connait pas ?
Il n’y a pas une autre manière de vivre ? Doit-on suivre ce projet qui n’est pas le sien ? le rap pour moi c’est une manière de m’émanciper. Je respecte ceux qui travaillent surtout s’ils aiment leur travail, ce qu’ils font… Il y a des personnes à qui ça convient ! Je n’ai aucun mépris pour ça. Je n’ai rien fait encore dans la vie, je n’ai rien prouvé !”

C’est la première interview d’Elio. L’idée lui a plu de se prêter au jeu et concordait avec la sortie de son E.P. sorti courant du mois de Décembre. L’occasion pour lui de lancer sa chaîne Youtube.
https://www.youtube.com/channel/UCCgxUcQf5ydvEYbmumymV3g

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